Les LGBT veulent apparaître dans le nouveau programme – les minorités sexuelles réclament leurs droits

author: Nik Boersma
moderator: Nik Boersma

11 juin 2009 - Les personnes LGBT sont persécutées partout, des écoles aux espaces publics en passant par leurs propres foyers. Au Népal, les minorités sexuelles qui représentent 10% de la population sont également confrontées à de nombreuses difficultés. Pourtant, lors d’un séminaire mardi dernier, elles ont réclamé une prise de position sans équivoque, à savoir l’élaboration par le gouvernement d’un nouveau programme qui inclue différents volets consacrés aux minorités sexuelles et à leurs droits.

Kathmandou, le 10 juin – Ils n’ont rien fait de mal. La Nature les a simplement faits différents tandis que la société fonde leur discrimination sur la différence de leur orientation sexuelle. Les minorités sexuelles – lesbiennes, gays, bisexuel(le)s et transsexuel(le)s (LGBT) – sont discriminés partout, des écoles aux espaces publics, en passant par leur propre foyer. « J’ai été exclu de mon établissement scolaire et chassé de chez moi. J’ai été forcée de cacher mes véritables sentiments à toit le monde », explique une lesbienne qui préfère garder l’anonymat.
Les minorités sexuelles représentent près de 10% de la population népalaise et les difficultés auxquelles elles sont confrontées sont nombreuses. Pourtant, lors d’un séminaire mardi dernier, elles ont réclamé une prise de position sans équivoque, à savoir l’élaboration par le gouvernement d’un nouveau programme qui inclue différents volets consacrés aux minorités sexuelles et à leurs droits.
Malgré leurs tentatives répétées de revendiquer leurs droits, elles sont parvenues à la conclusion que l’éducation était cruciale pour mettre un terme à toutes les formes de discrimination. « Les enfants doivent être sensibilisés à l’existence des minorités sexuelles », indique Sunil Babu Pant, un membre de l’Assemblée constituante et le Président de la Société du diamant bleu (SDB), une organisation de défense du bien être de la communauté LGBT.
Pant, le premier prlementaire issu de la communauté, motive clairement pourquoi il faut donner la priorité à l’éducation. Selon lui, même les personnes haut placées s’expriment rarement en faveur de la communauté et négligent ses revendications par méconnaissance.
Mardi même, dans l’enceinte du Parlement, Pant a essuyé une remarque acerbe de Dev Gurung, une des huiles de l’UCPN (maoïste). Selon Pant, Gurung aurait déclaré : « Ne faites pas de cette question une priorité, parce qu’il s’agit davantage d’un problème d’ordre physiologique » lors d’un échange dans la capitale.
Dans un arrêt phare daté du mois de décembre 2007, la Cour suprême a statué que les minorités sexuelles ont des droits fondamentaux égaux à ceux du reste de la population et a défini tout acte de discrimination comme passible de peine. Par ailleurs, la Cour a décidé que le genre des personnes LGBT doit être indiqué sur leur carte d’identité selon leur souhait. Dans un premier temps, la communauté s’est félicitée du rendu de cet arrêt et a considéré que « ils n’auraient plus à souffrir d’aucune discrimination ».
« Mais nous avons eu tort. La discrimination se poursuit. Simplement parce qu’à elle seule la législation ne suffit pas à transformer de manière radicale la vie des minorités sexuelles », explique Pant.
Pant ajoute que la communauté LGBT doit aussi bénéficier de cette éducation pour se protéger du VIH/SIDA et des autres maladies sexuellement transmissibles. Nombre de personnes LGBT sont contraintes à la prostitution car elles sont au chômage. « Sortir la communauté de l’ornière sera quasiment impossible sans l’éducation. Et le gouvernement doit introduire une discrimination positive en faveur des membres de la communauté », indique Bhawana Shrestha, chargé des droits de l’homme à la SDB.

Source : http://www.kantipuronline.com/kolnews.php?&nid=198433